Friday, December 9, 2022

Adrien Rabiot : décisif contre l’Australie, il répond déjà aux critiques !

Adrien Rabiot le savait avant le début de la compétition, ses prestations seraient scrutées de près, lui l’expérimenté du milieu de terrain en l’absence de Paul Pogba et Ngolo Kanté. Alors qu’une position légèrement excentrée sur le côté gauche avait pu être évoquée à quelques heures de l’entame des Bleus face à l’Australie ce mardi lors de la première journée de la phase de groupes de la Coupe du monde, le milieu de la Juve a finalement débuté dans l’entrejeu, dans l’axe à côté d’Aurélien Tchouaméni. Sa première période s’est transformée en rêve avec l’égalisation à la 27e minute de la tête, son premier but en Coupe du monde, puis une passe décisive pour Olivier Giroud cinq minutes plus tard.

L’inquiète demeure toujours, mais elle est plus globale et collective avec une équipe de France qui a montré des failles côté droit où Ousmane Dembélé et Benjamin Pavard ont souffert, ciblés très vite par le onze australien avec d’incessants ballons en profondeur. Adrien Rabiot pourrait-il faire les frais d’un changement tactique et d’un passage en 4-2-3-1 asymétrique comme en 2018 où Blaise Matuidi avait occupé un poste hybride côté gauche et en relais du milieu Pogba-Kanté ? Sans doute pas car il pourrait justement s’installer côté gauche à ce poste très différent, où le volume de jeu et l’activité de Blaise Matuidi, son ancien coéquipier au PSG, avaient fait merveille en Russie en 2018.

Une autre alternative est encore possible… Celle de voir Adrien Rabiot encore baladé à un autre poste, celui de latéral gauche où il déjà “dépanné” durant le dernier Euro. L’ancien Parisien y suppléerait Lucas Hernandez, blessé et sans doute absent pour les prochains matchs des Bleus. Si Théo Hernandez apparaît comme le favori pour remplacer son frère, comme le choix de Didier Deschamps mardi face à l’Australie le démontre, il n y a plus d’autres solutions à ce poste exigeant de latéral gauche… La donne risque donc de se compliquer grandement pour Didier Deschamps alors qu’Adrien Rabiot devient un homme clé, fort de sa polyvalence.

Rabiboché avec Deschamps après l’esclandre de mai 2018, Adrien Rabiot, qui peut encore être dépassé par Youssouf Fofana dans l’entre-jeu des Bleus, a donc un incroyable coup à jouer dans ce Mondial, en l’absence de Paul Pogba et N’golo Kanté dans sa zone de jeu. Alors il  joue la carte de la discipline : “Par rapport à Blaise Matuidi, on a des qualités différentes. Mais si je devais évoluer dans un rôle similaire, bien sûr que je le ferais. C’est une réflexion à avoir avec le coach mais je le ferais si je dois le faire”, a-t-il encore déclaré vendredi dernier face aux micros et caméras, même s’il reconnaissait que son “rôle préférentiel” se trouvait “au cœur du jeu”.

Pour autant, après ses mésaventures de la dernière Coupe du monde et un Euro pas si convaincant l’année dernière, endosser ce nouveau rôle peut aussi être source de doutes. Et voir un Rabiot s’imposer en équipe de France comme un leader à la Pogba ou à la Matuidi en son temps n’a rien d’une évidence. Chose qui a été rappelée par Viksah Dhorasoo, consultant sportif de la chaîne L’Equipe pour ce Mondial 2022. S’il voit Rabiot dans “un rôle de lieutenant, qui peut aller au charbon”, le vice-champion du monde en 2006 estime que c’est surtout Tchouaméni qui devrait s’illustrer dans cette Coupe du monde, au centre des Bleus.

Sa fiche pour le Mondial

Adrien Rabiot et l’équipe de France, c’est déjà toute une histoire. Quatre ans après avoir refusé de faire partie des onze suppléants sélectionnés pour remplacer les éventuels blessés durant la Coupe du monde en Russie, le milieu de terrain de la Juve fait bien partie de la liste emmenée par Didier Deschamps au Qatar cette fois. Il lui aura d’abord fallu expier sa faute avec plus de deux ans d’absence chez les Bleus. Depuis son retour en sélection en août 2020, Adrien Rabiot a disputé l’Euro 2021, sans vraiment briller. Même si sa place à la Juventus de Turin est actuellement incertaine, l’ancien joueur du Paris Saint-Germain, auteur d’un bon début de saison, peut encore s’imposer comme le patron du milieu de terrain en l’absence de Paul Pogba. 

Son parcours en bleu

Depuis ses débuts dans le football, Adrien Rabiot est régulièrement appelé pour défendre les couleurs de la France. D’abord chez les jeunes, puis avec l’équipe première. Plusieurs fois sélectionné chez les moins de 16 ans puis les moins de 17 ans à partir de 2010, il est “surclassé” à deux reprises chez les moins de 18 ans puis les moins de 19 ans et devient titulaire dès 2013 chez ces derniers, à l’occasion du Championnat d’Europe (défaite en finale face à la Serbie). La suite se passera chez les Espoirs où le sélectionneur d’alors, Willy Sagnol, lui accorde sa confiance dès les éliminatoires de l’Euro 2015.

L’année 2016 sera celle de l’intégration dans l’équipe A. Trop lente sans doute à son goût. Réserviste finalement non retenu pour l’Euro 2016, Rabiot joue une poignée de matchs après la compétition avec les Bleus, entrant parfois en toute fin de match et alternant le bon et le très moyen. La Coupe du monde 2018 approche alors à grands pas, la polémique aussi…

Dans un mail adressé à la FFF et au sélectionneur Didier Deschamps le 22 mai 2018, Adrien Rabiot, de nouveau réserviste, indique qu’il refuse de se mettre à la disposition de l’équipe pour remplacer les éventuels blessés durant le Mondial en Russie. Une réaction d’orgueil qui lui vaut alors d’être écarté de la sélection nationale pendant deux ans. Mais Didier Deschamps, magnanime, le rappelle en 2020 pour disputer la Ligue des nations et le sélectionne pour participer à l’Euro 2020, décalé en 2021 pour cause de pandémie.

“Il s’est passé ce qu’il s’est passé et je ne lui demande rien. On discutera”, assurait alors le sélectionneur auprès du Parisien, précisant ne jamais avoir attendu d’excuses du joueur et promettant de ne pas en faire “un cas à part”. “Surpris” par son retour et heureux d’avoir “bien discuté” avec Deschamps, le milieu de terrain se présentait pour sa part comme “un autre Rabiot” à la veille du championnat d’Europe et disait avoir “grandi et mûri”. “Je ne lâcherai cette place pour rien au monde”, soufflera-t-il aussi à la presse. Après son “énorme erreur” et en l’absence de “patron” au milieu de terrain, le joueur d’1m88 sait en tout cas pertinemment qu’il a une carte à jouer durant cette Coupe du monde 2022.

Son potentiel pour le Mondial

Sa carrière de joueur

C’est le 3 avril 1995, à Saint-Maurice, dans le Val-de-Marne, qu’Adrien Rabiot voit le jour. Elevé par un père passionné de football, le jeune garçon tombe tout naturellement dans la marmite. En 2001, il commence à jouer au sein de l’US Créteil. Talentueux et prometteur, le footballeur en herbe tape dans l’œil des recruteurs du club de Manchester City qui lui proposent un contrat de formation. Une collaboration qui tourne court au bout de six mois seulement, car le club ne respecte pas, selon le clan Rabiot, certaines clauses du contrat. C’est donc après quelques mois passés à l’étranger que le jeune Adrien Rabiot revient en France. Après un passage par le Pau FC, le milieu de terrain intègre en 2009 le pôle Espoirs de Castelmaurou puis, l’année suivante, le centre de formation du Paris Saint-Germain.

Adrien Rabiot a tout juste 15 ans lorsqu’il commence son aventure avec le club parisien. Il est alors loin de se douter qu’il en deviendra l’un des joueurs emblématiques pendant près de neuf saisons et sera même surnommé “Le Duc”. Avec les moins de 17 ans et les moins de 19 ans, le milieu de terrain décroche ses premiers titres et engrange de l’expérience. Il lui faudra attendre 2012 pour qu’un certain Carlo Ancelotti, alors entraîneur de l’équipe première, le remarque et lui fasse intégrer le groupe professionnel. L’aventure avec son club de cœur débute, alors que le jeune joueur n’a que 17 ans. C’est sous l’ère Laurent Blanc que le milieu de terrain obtient davantage de temps de jeu. Adrien Rabiot profite également des blessures de son concurrent direct, Thiago Motta, pour montrer son talent.

Désireux de jouer, Adrien Rabiot souhaite pourtant explorer de nouveaux horizons. Le footballeur envisage son transfert vers le club italien de l’AS Roma, mais l’opération se solde par un échec. Le club du PSG, lui tenant rigueur de cette volonté de partir, le place à l’écart de l’équipe pro au début de la saison 2014-2015. Sous pression, Adrien Rabiot se réengage et obtient dans la foulée sa première titularisation en Ligue 1. Les saisons suivantes, il s’impose peu à peu comme un joueur essentiel du dispositif parisien. Avec l’arrivée de l’entraîneur Unai Emery en 2016, Adrien Rabiot acquiert une nouvelle dimension et devient une pièce maîtresse, notamment lors des matchs de Ligue des champions.

La saison 2018-2019 est la dernière que le milieu de terrain passe sous les couleurs du Paris Saint-Germain. En conflit avec la direction, Adrien Rabiot sera écarté des terrains une bonne partie de la saison. Libéré de son contrat avec son club formateur, le footballeur s’engage en 2019 avec le club de la Juventus de Turin. Après des débuts poussifs, il s’impose progressivement parmi les Bianconeri.

Pour la petite histoire…

La presse se fait régulièrement l’écho de la relation d’Adrien Rabiot avec sa mère Véronique Rabiot, qui n’est autre que son agent. Un partenariat qui dénote dans l’univers du football et qui fait l’objet de très nombreux commentaires. Considérée par certains comme trop protectrice voire autoritaire (elle s’en est d’ailleurs expliquée dans Ouest-France récemment) ou, au contraire, comme l’un des artisans du succès de son fils, Véronique Rabiot a en tout cas plusieurs fois provoqué des tensions avec ses employeurs. En particulier le PSG.

Entre fin 2018 et mi-2019, Adrien Rabiot sera même mis à pied après avoir salué sur les réseaux sociaux la qualification de Manchester City face à son propre club en Ligue des champions. Une interview cinglante de Véronique Rabiot à l’Equipe viendra sceller le sort du joueur dans la capitale et son départ pour la Juve. Plus récemment, en 2020, Adrien Rabiot aurait refusé de rentrer à Turin après la crise du Covid, se mettant en “grève personnelle” pour contester une baisse de salaires, selon le journal La Stampa.

Adrien Rabiot serait pourtant classé à la cinquième place des joueurs les plus payés de la Juventus de Turin et même parmi toutes les équipes de football italiennes. A la signature de son contrat avec la Juve en 2019, il aurait également touché une prime s’élevant à 10 millions d’euros. Au sein de l’équipe du Paris Saint-Germain, le salaire d’Adrien Rabiot s’élevait à 3 millions d’euros en 2018-2019.

Chez les Bleus aussi la présence d’Adrien Rabiot sur le terrain et de sa mère en coulisses a pu provoquer la polémique. Après l’esclandre de 2018, la terrible élimination face à la Suisse lors du  dernier Euro, en juin 2021, sera la source de fortes tensions entre Paul Pogba et Adrien Rabiot sur la pelouse, sous l’œil impuissant du sélectionneur. La rencontre aurait également été tendue en tribunes, où étaient rassemblées les familles des joueurs : Véronique Rabiot se serait ainsi laissée aller à des critiques acerbes sur les coéquipiers de son fils, provoquant notamment la colère des clans Pogba et Mbappé…

En 2019, l’international français a perdu son père, Michel Provost, d’origine Kabyle, atteint depuis de nombreuses années d’une grave maladie neurologique.

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